C'eest qui
Le «
grand Pierre Favre »



Jean-Luc
Leroux, osfs
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Pierre Favre et François de Sales
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Le «
grand Pierre Favre ».
François
de Sales le présente ainsi dans l’Introduction à la vie dévote, livre
proposant à chacun un chemin de sainteté quels que soient son état de vie,
sa situation sociale, son âge et sa santé.
Les Jésuites, nouvellement
fondés par Ignace de Loyola sont alors des acteurs de l’extraordinaire
renouveau de l’Église catholique après le Concile de Trente (1545-1563).
François de Sales, dès son plus jeune âge, les apprécie. Il demande, à 11
ans, à son père de l’inscrire à Paris au Collège des Jésuites pour le climat
de travail et de piété qui y règne. Prêtre, il fait appel à eux, à coté des
Capucins, pour l’aider dans la reconversion du Chablais à la foi catholique
(1595-1598).
Mgr de Granier, son
prédécesseur, demande en 1596 au curé de Thônes une enquête officieuse sur
Pierre Favre. La ferveur populaire attire de nombreux pèlerins dans sa
maison natale, au Villaret, où une petite chapelle a été érigée dès sa mort.
En 1607, lors de la visite pastorale des paroisses du son diocèse, dont il
est devenu évêque en 1602, François bénit une nouvelle chapelle, bâtie en
1601. Il rencontre un neveu de Pierre Favre qui a raconté ses six jours de
visite au Villaret en 1941. Aux prêtres de Thônes il le donne comme modèle
de piété et d’évangélisateur.
François de Sales parle deux
fois de Pierre Favre dans ses écrits.
Dans l’Introduction à la
vie dévote, il invite à honorer les saints. Connaissant la vie, la
vocation et les missions accomplies par Pierre Favre à travers l’Europe, il
est interpellé par l’omniprésence de la prière de Pierre Favre en faveur des
Anges. Il invoque les Anges pour protéger les habitants des lieux où ils
passent, pour le soutenir et l’accompagner dans ses prédications et ses
rencontres, tant envers les protestants qu’envers tous ceux qui sont touchés
à travers lui par la douceur, la tendresse et l’amour de Dieu.
Dans une
Lettre au père Claude Nolliens, supérieur des Jésuites de Chambéry,
en janvier 1612, François de Sales exprime son affection passionnée pour
Pierre Favre, soulignant sa grande piété qui est source agréable de
dévotion. Il se permet de suggérer aux jésuites de demander sa
béatification. Pour lui qui n’a jamais cessé de favoriser la dévotion et le
culte de Pierre Favre, il est tout fait naturel que l’Église le porte sur
les autels. Qui d’autres que les jésuites sont les plus à même de promouvoir
et soutenir cette cause. François le souhaite et l’exprime très clairement.
L’union à Dieu de Pierre Favre, sa prière et sa ferveur missionnaire et
évangélique sont pour lui un modèle.
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