
Edito n°- 14
Mardi
4 juin 2013
Sans langue de bois,
avec une force « tranquille »
et priante,
des yeux pétillants,
loin des mondanités ....

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François, le premier de ce nom, 266ième pape, succède à Benoît XVI qui
a renoncé à sa charge : une première fois des temps modernes ! Ce passage
d‘un pape à un autre, élargit notre horizon !
Quand François reçut le pallium, insigne distinctive du Pape et des
archevêques, il s’entendit dire "Béni soit Dieu qui t’a choisi comme pasteur
de toute l’Église"
Voilà le pape pasteur !
Il a la mobilité de celui qui, accompagne, veille, prend soin, conduit
ensemble un peu plus d’un milliard de catholiques ! Il est pasteur non pour
dominer … mais pour selon les termes même employés par Jésus pour Pierre :
"Confirmer ses frères dans la foi."
Et depuis le début du pontificat, nous le découvrons ce pape François !
Il est doué d’une grande simplicité, d’un franc-parler dont nous n’avions
pas l’habitude.
Son regard, son geste, va droit au cœur du plus grand nombre, catholiques
et non catholiques confondus !
Avec les politiques on se dit souvent : « C’est normal c’est le début…
Tout beau tout nouveau. Sous entendu ça va changer ! Mais si cela ne
changeait pas ? Si François continuait à utiliser ce langage direct, simple,
fort pour engager l’Eglise à répondre aux défis de ce temps ?
Sans langue de bois, avec une force « tranquille » priante et des yeux
pétillants, loin des mondanités ; si cela ne changeait pas ? Bref une
parole qui persévère pour une Eglise pauvre pour les pauvres !
Morceaux choisis :
Il s’adresse à 800 religieuses en audience privée, [ n’allez pas dire qu’il
parlait sans penser aux religieux … que nous sommes ([1])).
Il leur dit :
« La religieuse est une mère... elle doit être une mère et pas une vieille
fille, excusez-moi si je parle un peu comme ça » "Vous devez être des mères
(...) on ne peut pas comprendre Marie et l'Eglise sans la maternité et vous
êtes des icônes de Marie et de l'Eglise" L’appel à la chasteté féconde rend
capable d'engendrer des enfants spirituels !
Et si nos devenions, féconds, beaucoup plus féconds, plus créateurs ?
Plus aptes à inventer, créer, ré-imprimer l’évangile aujourd’hui avec
des formes d’aujourd’hui, plutôt que de préserver les acquis, se complaire
en nos vieilles habitudes, ne jurer et n’entrevoir que « nos œuvres
propres », ou resservir, par une conception bancaire de la pastorale, ce
que nos anciens ont réalisé et engrangé : mis dans le coffre ou dans notre
boite à outil !
Du passé sachons en entretenir les racines pour que présent et avenir
soient " Fleurs et fruits, "… comme disait la devise de l’Académie
Florimontane fondée par François de Sales, et le président Antoine Favre,
durant l'hiver de 1606-1607 et dont l’emblème était un oranger !
François, evêque de Rome, parle encore aux évêques ; (collégialité
renaissante si les évêque résonnent à sa parole ! )? Il parle aux
prêtres :
"Soyez des pasteurs, non des fonctionnaires."
Beau thème pour les nouveaux ordonnés, qu’il avait devant les yeux !
« Soyez des médiateurs, non des intermédiaires. Ayez
toujours devant les yeux l’exemple du bon pasteur qui n’est pas venu pour
être servi mais pour servir »
"Dispensez à tous la parole de Dieu que vous-mêmes avez reçu avec joie,
rappelez-vous vos mères, vos grands-mères, vos catéchistes qui vous ont
donné la parole de Dieu et la foi", a ajouté le pape François dans un
discours improvisé.
Quelques lignes d’un article du journal, La Croix du 25/5/13 me reviennent à
l’esprit : « Le
pape François a appelé l'Eglise à tenir ses "portes ouvertes" et ne pas agir
comme un "poste de douane" ! Le pape cite l'exemple d'un prêtre qui a refusé
de baptiser l'enfant d'une mère célibataire ! "Cette femme a eu le courage
(...) de ne pas renvoyer son enfant à l'envoyeur. Et qu'est-ce qu'elle
trouve ? Une porte fermée ! » « Voilà qui met des distances avec Dieu ! » Et
le pape d’ajouter: "Jésus a institué sept sacrements et avec ce genre
d'attitude nous en créons un huitième: le sacrement du poste de douane
pastorale !"
Et pour faire bonne mesure il reprend, devant les évêques italiens…[
N’allez pas croire là aussi qu’il ne parlait qu’aux évêques italiens !]
C’est presque cinglant :
« Ne soyez pas des fonctionnaires paresseux » « ouvrez
vos cœurs, vos mains et vos portes en toute circonstance (… ) Ne soyez pas
des patrons mais des modèles ».
Il s’agit, s’il vous plaît de « mettre de côté toute forme d'arrogance »,
d’éviter « la tiédeur et le carriérisme » …
Et voilà, qu’au cœur de la basilique Saint-Pierre… les pierres ont eu
la chaire de poule :
«
Nous ne
sommes pas l'expression d'une structure ou d'une nécessité organisatrices,
mais le signe de la présence et de l'action du Seigneur ressuscité». Le
pasteur, - l'évêque en premier lieu- «tiédit, est distrait, oublie et
devient insensible, se laisse séduire par les perspectives de carrière, la
flatterie de l'argent, les compromis avec l'esprit du monde. Ce qui le rend
paresseux, le transforme en un fonctionnaire, un clergé d'État plus
préoccupé par lui-même, l'organisation et les structures, que par le vrai
bien du peuple de Dieu. Il court alors le risque, comme l'apôtre Pierre, de
renier le Seigneur, même si, formellement, il se présente et parle en Son
nom…
[1] Vous savez ce que F de Sales répondit à ceux qui
voyaient en l’IVD une parole adressée uniquement aux femmes !
Thierry Mollard osfs |