

 |
Il ne se sent pas heureux et
souffre de ne pas rendre les gens heureux autour de lui |
 |
 |
Les premières figures de
prête que j’ai connue, sont majoritairement des prêtres ouvriers |
 |
 |
Le Christ c’est -dit-il-
c'est mon meilleur ami, c’est mon amoureux ! |
 |

 |
« On est dans un une période
où beaucoup de choses s’effondrent ou s’effritent, des choses ont
fait leur temps, j’imagine bien que dans les 10 prochaines années
les jeunes religieux avec tous ceux de bonne volonté, devront
repenser les différents modèles... |
 |
Edito n°- 38
10 septembre 2019
Thierry Mollard osfs
|
Le Christ mon amoureux !
Cyprien a grandi dans une famille
chrétienne pas forcément pratiquante. C’est surtout son papa qui lui
fait découvrir régulièrement la messe : c’est comme ça que j’ai entendu
parler de Dieu !
Cyprien a vécu à Paris il n’avait jamais entendu parler des Oblats de St
F de Sales. Son parcours d’adolescent est perturbé, il n’a rien de
scolaire, il ne se sent pas dans le moule et accumule des bêtises
qu'aujourd’hui il ne conseille à personne. Il se rend compte du malaise
qu’il traverse, il ne se sent pas heureux et souffre de ne pas rendre
les gens heureux autour de lui !
C’est une vraie rencontre avec le Seigneur au cours de l’adolescence qui
va marquer une conversion enracinée sur cette vie tumultueuse ! Depuis
tout petit, il était sensible à la figure du prêtre, de l’homme de Dieu
qui l’a toujours attiré mais dit-il, « Je ne l’ai jamais vraiment assumé
! » Plus tard effectivement au moment de la majorité, des études, à 18
19 ans il commence à penser plus clairement à une vie religieuse.
« Les premières figures de prête que j’ai connue, sont majoritairement
des prêtres ouvriers, de la région parisienne. Les voir dans la semaine
travailler, être actifs, et le dimanche prêcher, c’est quelque chose qui
l’a beaucoup marqué : « la prédication et pour ma famille et pour moi
quelque chose d’important. »
Et puis il rencontre sur son chemin des gens qui étaient à l’écoute.
Après la conversion vient le discernement ! Une envie pressante de voir
au quotidien de plus près ce qu’est la vie religieuse. Quelques heures
éparses, proche d’une communauté, ce qui lui est proposé ne lui convient
pas du tout ! En fait il veut participer pleinement ! Alors il installe
ses valises dans une communauté qui le reçoit ! Il trouve ici un lieu où
il se sent bien, un lieu où il se sent libre, libre de donner, libre
dans la fidélité à soi-même ! L’enthousiasme de départ, la fulgurance
des commencements, connaît un frein qui lui fait penser en fait, que la
vie religieuse c’est fou, ce sont tous des fous ! Avec la même rage avec
laquelle il est rentré, il sort ! Il claque la porte. Mais presque tout
aussitôt les regrets arrivent, d’avoir perdu ce que l’on croyait avoir
trouvé ! Alors c’est le retour !
« Les premiers pas dans une communauté c’est un engagement, au début on
est tout fou, on a le désir de vivre la vie religieuse d’une manière
parfaite dès le début ! Donc on s’y astreint soi-même, il n’y a pas de
contraintes, c’est un choix, une envie, un désir ! Cependant on ne se
rend pas forcément compte de ce à quoi on ne s’engage ni de tout ce
qu’exige la vie religieuse ! »
Son espace privilégié est duel : la prière et le rugby !
Il découvre la prière comme espace qui unifie la vie. Le Christ c’est,
dit-il « mon meilleur ami, c’est mon amoureux ! C’est la personne avec
qui je passe mon quotidien, mon modèle celui à qui j’aimerais
ressembler. C’est la quête de toute une vie ! C’est la personne avec
j’aime passer le plus de temps ! »
Il n’a pas envie pour autant de s’endormir dans un cocon Christique ou
dans un long fleuve tranquille ! Comme dans nombre de relations, émerge
des combats ! Il dit qu’il se bat avec le Christ avec ardeur ils m’ a
fait passer des mauvais moments, et moi aussi... « Ce n’est pas si
simple c’est une relation avec une personne qui est réelle rencontre
souvent et que le Christ est partout ; je ne peux pas me passer de
lui-même et si je voulais l’ignorer, il se rappellera à moi ! »
Cyprien en fin compte remplacerait la Croix qu’il porte autour du cou
par un ballon de rugby parce que le rugby c’est quand même quelque chose
! Un sport où il y a besoin de tout le monde, petit et grands, costauds
ou fluet qui se faufile partout ! il y a de la place pour tout le monde
! chacun est invité au combat !
« Oui mon premier entraîneur dit que le rugby n’est pas un sport
collectif, mais un sport de combat ! Combat en équipe, en solidarité
maîtres mots !
Et puis enfin nous sentons combien François de Sales a pris place en lui
! Il trouve un modèle en sa personne. « Je me retrouve en lui en son
caractère et en son cheminement. Je crois qu’il témoigne d’une
extraordinaire actualité par son message qu’il apprenait par ce qu’il a
vécu. Il a écrit de très beaux ouvrages mais ce qui est encore plus beau
c’est les relations qu’il a eu avec les personnes qu’il a rencontrées,
croisées ; Voilà quelqu’un qui prenait le temps, il connaissait le cœur
de l’homme, c’est un fin psychologue qui a bien compris comment marchait
l’être humain !
La vie consacrée aujourd’hui pour un jeune de 27 ans, certains peuvent
n’y voir aucun sens !
Mais pour moi, je me dis qu’il n’y a pas que le profit dans la vie, le
monde a besoin de témoins contre le profit, contre l’entre soi, bien
au-delà de nos plaisirs premiers
Demandez-lui comment il voit l’avenir !
Je vis à Vienne en Autriche, nous sommes 10 en communauté de quatre
nationalités différentes ? Chacun avec des missions. Pour ma part je
suis engagé dans une association qui accueille des migrants sur la ville
de Vienne car je crois qu’on a tous une mission aujourd’hui qui n’est
pas négociable ; tout chrétien et tout européen et tout religieux se
doit de témoigner de cette mission.
« Je n’imagine pas trop l’avenir, je suis très heureux dans la vie que
je vis aujourd’hui et je ne me projette pas trop ! » Mais ajoute-t-il
avec détermination : « On est dans un une période où beaucoup de choses
s’effondrent ou s’effritent, des choses ont fait leur temps, j’imagine
bien que dans les 10 prochaines années les jeunes religieux avec tous
ceux de bonne volonté, devront repenser les différents modèles à tous
les niveaux. Les prochaines années pour les jeunes religieux en Europe
en générale vont être un grand moment où on va se reposer de grandes
questions.
|