Oui, Luc
Ametodou est venu passer un week-end à Mercury -ce lieu
effacé- à quelques jours de son envol pour la Bénin : et ce
fut un vrai moment de rencontre, un de ces trop rares
moments qui apporte, par sa sincérité et intensité, par la
confiance engagée et le partage, ce plus inestimable, dans
le lien de fraternité !
Ce samedi,
comme bien des samedis de juin - est jour de mariage
! Alors avec les mariés, avec Luc, avec tous, nous avons
joué, l'hymne à l'Amour, "sur les cordes" ! Ensuite nous
sommes allés boire un coup avec la noce ! Et la soirée à la
maison a été dense !
Et
le lendemain, puisque Luc avait dit "tope là!" quand je lui
ai proposé d'assurer l'homélie, nous avons bien compris que
"Jésus lâche son agenda ! "
Alors nous dit Luc, ne serions-nous donc pas capables de
lâcher le nôtre?
De lâcher prise ? Pour nous ouvrir à l'autre, à l'événement,
simplement, à cette vie plus forte que toutes les
conventions et prudences, que tous les dogmes et pseudos
acquis ?
Lâcher
prise aussi pour faire confiance, et ne pas être persuadés
que nos savoirs, nos antécédences, nos prérogatives et nos
dons qui ont bien sûr, chacun leur revers, autoritarisme,
fourberies, séduction, et 'malineries' diverses,
déterminent l'avenir.
Liberté !
Le mot a retenti dans un texte proposé par les parents
de Tao, le baptisé du jour. Luc l'a choppé au passage (le
mot pas Tao!) … pour redire combien nous étions libres, de
nature ! Liberté voulue par Dieu : jamais obligés de répéter
ou reproduire mais produire du neuf, du nouveau adapté à
l'heure présente ! Nous ne sommes pas au service du temps,
ni du sabbat, mais le temps et le sabbat est à notre
service!
Luc nous a
rappelé l'importance du chemin salésien : y demeurer assis
c'est faire preuve d'une sacré fainéantise. Le traverser,
le parcourir, oser ensemble sur le chemin … est une
étonnante hymne de l'appel à la vie !
Et enfin,
Luc avec force et conviction a supplié chacun de savoir
dire à l'autre "je t'aime !" … A écouter les réactions au
verre de l'amitié qui a suivi, je vous jure qu'il a fait
mouche !
Je me suis
laissé dire qu'il avait raison, de quitter les paroles
convenues et incantatoires du aimez-vous les uns les
autres… Pour signifier, que souvent nous vivons déjà de
cet amour, qu'il est bel et bien présent, mais que
l'important consiste à regarder l'autre pour lui dire.. lui
dire que je l'aime !
J'avais
présenté Luc au début de la célébration.
J'ai dit à peu près ceci: Luc est un béninois… de
Craponne… Un frère et un diacre qui sera bientôt ordonné.
Il est étudiant. Son travail concerne la réalité de
"l'autorité" et de la responsabilité, sous le double prisme
de l'Afrique et de F de Sales. Nous avons sacrément besoin
de cette réflexion tellement nous confondons ici et là
autorité avec autoritarisme ! OK c'est toujours 'auto'…
mais ce n'est pas les mêmes cylindrées !
Luc je
transcris ici des paroles que j'ai entendues à l'issue de
la célébration mais aussi un courriel reçu en début d'après
midi, signé d'un paroissien :
"Quelle belle pédagogie/catéchèse où tout est expliqué
simplement avec le vocabulaire actualisé de l'évangile !
L'homélie du père Luc était très belle et passionnante :
Quel talent oratoire ! Il a de l'avenir : souhaitons-lui
bonne réussite dans la voie qu'il s'est fixée. Amicalement"
Luc je ne
relate pas cela pour te faire rougir… mais simplement par ce
qu'il faut savoir dire entre frères, mille et une choses,
surtout quand elles sont belles et chargées d’avenir !
Alors
merci pour tout ce week-end partagé ici dans la simplicité.
Te voilà dans la perspective du 8 août ! Toi et Oscar.
Alors en ce temps favorable nous serons en communion. Même
si les kilomètres et leur cout en Euro se
mettent en travers.
La "mise" de ce jour-là sera énorme, en espérance ! Vous
pensez bien que ce n'est pas maintenant que l'ancre de
l'espérance va s'affaiblir ! Les eaux parfois tumultueuses
qui vous ont fait naviguer de la Source à cette île de
l'Ordination, n'auront fait que renforcer vos convictions,
vos manières d'oser l'Evangile pour le chemin, la
liberté, la piste : merci pour ce bonheur !
« L’homme » -l’homme concret, incarné, avec ses problèmes et
ses assurances- « est la première route que l’Église doit
parcourir ! » (Jean-Paul II Le Rédempteur de l'homme -mars
1979)

 |